RDC : la Facilité 1325 redonne espoir aux femmes victimes des conflits

Olivier Masini
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Le Projet Facilité 1325 – Femmes, Paix et Sécurité a été officiellement lancé au Pullman Hôtel de Kinshasa en présence de la Ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, des représentants de l’Agence française de développement (AFD) ainsi que des organisations de la société civile.Dotée d’un financement de 3 millions d’euros pour la période de septembre 2025 à août 2028, cette initiative couvre trois pays : Haïti, la République démocratique du Congo et la Syrie. En RDC, elle vise à opérationnaliser l’agenda Femmes, Paix et Sécurité afin de promouvoir une paix inclusive et durable et de renforcer la participation des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, principalement dans les provinces de l’Ituri et de la Tshopo, avec un volet national basé à Kinshasa.Le projet s’articule autour de deux composantes : une assistance technique destinée à renforcer les capacités des institutions publiques et des acteurs clés, ainsi qu’un appui aux organisations de la société civile à travers des subventions. Sa gouvernance repose sur un comité de pilotage, un comité technique et un comité opérationnel.Dans son intervention, la Ministre Micheline Ombae a rappelé la gravité de la crise sécuritaire qui frappe la RDC.

« Nous lançons ce projet dans un contexte particulièrement éprouvant pour notre pays. La République Démocratique du Congo continue de porter les stigmates de décennies de conflits armés et de crises humanitaires. Notre nation demeure confrontée à l’une des tragédies humaines les plus douloureuses de notre époque. Près de 11 millions de personnes ont perdu la vie au fil des conflits, tandis que des milliers d’autres ont été contraintes à l’exil intérieur ou de fuir vers les pays voisins. Les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme une véritable arme de guerre, frappant avec une cruauté inacceptable les femmes et les filles de notre pays. »

Elle a également souligné que l’occupation de plusieurs villes et territoires de l’Est, notamment Goma et Bukavu au début de l’année 2025, a aggravé cette situation dramatique. Selon elle,

« derrière les chiffres, il y a des vies brisées, des familles dispersées et des rêves interrompus. Derrière chaque statistique se cachent un visage, une histoire et une souffrance. »

Au-delà de l’assistance institutionnelle, la Facilité 1325 ambitionne de redonner un sourire aux femmes meurtries en favorisant leur protection, leur autonomisation et leur participation active aux processus de paix. L’objectif est de faire des femmes non seulement des victimes à protéger, mais aussi des actrices incontournables de la stabilité et de la reconstruction des communautés.À l’issue de la cérémonie, la première réunion du comité de pilotage s’est tenue. Le Coordonnateur National de la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, Didier Lapiar, a indiqué que

« le comité de pilotage, coprésidé par le ministère du Genre, Famille et Enfant et l’Agence française de développement, a examiné le Plan de travail annuel 2026 ainsi que le règlement intérieur. Ces deux documents ont été validés, sous réserve de quelques aménagements. »

Face à l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, cette initiative se veut un signal fort en faveur d’une paix durable, portée avec et pour les femmes, premières victimes des conflits mais également véritables artisanes de la réconciliation.

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