À Kinshasa, une vidéo virale montrant un médecin en train de frapper une patiente juste après son accouchement provoque une vive indignation. Les images, largement partagées sur les réseaux sociaux, relancent le débat sur les violences obstétricales en République démocratique du Congo.
Une intervention médicale sous controverse
Selon plusieurs témoignages, la patiente souffrait de complications graves après l’accouchement, notamment d’importantes déchirures et d’une hémorragie. Le praticien incriminé, David Balanganayi Kayembe, serait intervenu en urgence pour tenter de stabiliser la situation.Toutefois, la séquence filmée montre des gestes jugés choquants : coups portés à la patiente et suture réalisée sans anesthésie apparente. Des images qui suscitent incompréhension et colère au sein de l’opinion publique.
Une indignation généralisée dans le secteur de la santé
Au sein du corps médical, les réactions sont sans équivoque. Plusieurs professionnels dénoncent une violation grave des principes éthiques. Le respect de la dignité humaine, le consentement éclairé et la prise en charge de la douleur sont rappelés comme des standards incontournables.Pour de nombreux spécialistes, ces pratiques s’apparentent à de la maltraitance obstétricale, un phénomène encore peu documenté mais bien réel dans certains établissements de santé du pays.
Réactions officielles et ouverture d’enquête
Face à l’ampleur de l’affaire, la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi a exprimé son indignation, appelant à faire toute la lumière sur les faits et à rendre justice à la victime.De son côté, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a condamné des actes « inacceptables », insistant sur le rôle de l’hôpital comme espace de soins et de protection.Le Conseil National de l’Ordre des Médecins a, pour sa part, engagé une procédure disciplinaire contre le médecin concerné. Une enquête est en cours afin d’établir les responsabilités et d’éventuelles sanctions.
Un révélateur des failles du système sanitaire
Au-delà de l’émotion, cette affaire met en lumière les défis structurels du système de santé congolais : manque de formation continue, faibles mécanismes de contrôle et conditions de travail souvent précaires.Pour plusieurs experts, cette situation doit servir d’électrochoc. Le renforcement de la régulation, la formation du personnel et la protection des patientes apparaissent comme des priorités urgentes.Alors que l’opinion publique reste mobilisée, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les violences obstétricales en RDC.
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